Claude BARRABÉ (55 ans), actuel sĂ©lectionneur national de l’Ă©quipe française de Beach Soccer, Ă©tait en visite en Bourgogne-Franche-ComtĂ© les 10 et 11 mai derniers. Le technicien rĂ©unionnais, ancien gardien de but professionnel passĂ© par le PSG, Brest ou encore Montpellier, souhaite dĂ©velopper cette discipline dans les rĂ©gions et faire progresser la sĂ©lection nationale !
LBFC : Pour commencer, pouvez-vous nous décrire votre parcours ?
Claude BARRABÉ : Après ma carrière de gardien de but professionnel, j’ai commencĂ© Ă jouer avec la sĂ©lection nationale de Beach Soccer au dĂ©but des annĂ©es 2000 avec les frères CANTONA, Eric et JoĂ«l. J’ai continuĂ© le dĂ©veloppement de cette discipline pour la Ligue de la RĂ©union, puis j’ai Ă©tĂ© sĂ©lectionneur de l’Ă©quipe national de Madagascar avec laquelle j’ai remportĂ© la Coupe d’Afrique des Nations en 2015. Je suis entraĂ®neur de la sĂ©lection française de Beach Soccer depuis 2020, avec tout un plan de dĂ©veloppement DAP (DĂ©veloppement des Autres Pratiques), PPF (Plan de Performance FĂ©dĂ©ral), la formation, les infrastructures, la communication et la promotion. On essaie vraiment de dĂ©velopper ce sport qui prend une place de plus en plus importante dans le paysage du football français. J’espère qu’on arrivera Ă rattraper notre retard sur le Futsal qui a de l’avance sur le Beach Soccer aujourd’hui.
LBFC : Quel sont les particularités du Beach Soccer ?
CB : C’est un sport noble qui vĂ©hicule des vertus d’abnĂ©gation, de courage et d’entraide. On fait des efforts ensemble. C’est Ă©galement un sport très technique, rapide, aĂ©rien et spectaculaire ! On joue sur un terrain de 35 Ă 37 mètres de long, pour une largeur de 26 Ă 28 mètres. Comme il est pratiquĂ© sur le sable, la dimension physique est aussi très importante. Les joueurs sont remplacĂ©s toutes les 2 minutes 30 environ pour des matchs de 3 fois 12 minutes. On le pratique pieds nus, sur le sable, ce qui rend le Beach Soccer accessible Ă tous, garçons comme filles !
LBFC : Quel est le niveau de la sĂ©lection nationale française aujourd’hui ?
CB : Depuis les annĂ©es 2005, oĂą nous sommes Champions du Monde au BrĂ©sil, et 2008, durant laquelle la France Ă organiser la Coupe du Monde, la France vĂ©gète entre la 22ème et la 24ème place au classement mondial sur 106 nations. On a du retard sur les grandes nations du Beach comme le Portugal, le BrĂ©sil, la Russie, l’Italie ou l’Espagne, mais la FĂ©dĂ©ration Française de Football a la volontĂ© de remonter au classement et d’avoir une Ă©quipe nationale performante. Pour cela, il faut travailler avec les Ligues et s’appuyer sur elles pour dĂ©velopper la pratique.
BFC : Quels sont les objectifs de la sélection nationale française ?
CB : A court terme, mi-juin, c’est la finale du championnat d’Europe Ă NazarĂ© (Portugal). Il y aura 2 poules de 6 et il faudra terminer dans les 4 premiers pour se qualifier pour la super finale fin septembre au Portugal aussi. Ensuite, le 20 juin, nous irons en Sardaigne (Italie) pour essayer de se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde. Ce sera difficile mais rien n’est impossible ! Il y a 4 Ă©quipes europĂ©ennes qui peuvent se qualifier parmi lesquelles les grandes nations comme le Portugal, l’Italie et l’Espagne, mais aussi l’Ukraine et la BiĂ©lorussie (la Russie qui organise la compĂ©tition du 19 au 29 aoĂ»t est dĂ©jĂ qualifiĂ©e). On va jouer notre chance Ă fond. L’avantage que j’ai par rapport Ă l’annĂ©e dernière c’est que j’ai rĂ©cupĂ©rĂ© de très bons joueurs de Beach Soccer issus des championnats de football National 2 et 3 qui ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s. J’ai une Ă©quipe assez compĂ©titive. On va essayer de titiller les plus grandes nations et rĂ©duire l’Ă©cart de niveau avec elles.
LBFC : Quel est l’Ă©tat du Beach Soccer français aujourd’hui ?
CB : Il y a des Ligues qui travaillent très bien et d’autres qui veulent vraiment dĂ©velopper ce sport, notamment la Ligue Bourgogne-Franche-ComtĂ©. J’espère que d’ici quelques annĂ©es il y aura ici l’Ă©mergence d’une ou plusieurs Ă©quipes pour participer au championnat de France. On souhaite aussi dĂ©velopper la pratique fĂ©minine et chez les jeunes. On dĂ©tectera peut-ĂŞtre ici les futurs joueurs de l’Ă©quipe nationale !
LBFC : Quel est l’objectif de votre venue en Bourgogne-Franche-ComtĂ© ?
CB : DĂ©jĂ , c’est une très belle rĂ©gion que j’apprĂ©cie ! C’est important de venir rencontrer le PrĂ©sident Daniel FONTENIAUD et les Ă©lus de la Ligue afin de leur prĂ©senter le plan de dĂ©veloppement de la FFF pour le dĂ©cliner après au niveau rĂ©gional avec SĂ©bastien IMBERT (DTR) et son Ă©quipe. L’objectif est de dĂ©velopper la pratique du Beach Soccer en Bourgogne-Franche-ComtĂ©, dans les 7 Districts. Ensuite, nous pourrons dĂ©velopper la performance, former les Ă©ducateurs pour les clubs et dĂ©velopper les infrastructures pour que demain, la Ligue dispose d’un terrain couvert sur son nouveau site des Poussots Ă Dijon. L’idĂ©al pour moi, ce serait d’avoir un terrain de Beach Soccer dans chaque District !
LBFC : Quel message souhaitez-vous adresser aux licencié(e)s, jeunes et moins jeunes ?
CB : C’est important de dire que « le Beach Soccer n’est pas un sport de plage mais un sport de sable » ! C’est une citation d’Eric Cantona. Certains peuvent penser que le Beach Soccer se joue au bord de la mer… Non ! Il faut que le Beach Soccer sorte du clichĂ© « maillot de bain, plage, vacances » ! Cette discipline se joue lĂ oĂą il y a du sable et je sais qu’ici dans les rĂ©gions, il y a des lacs artificiels avec des bancs de sable. Pendant la pĂ©riode estivale, les jeunes peuvent donc pratiquer ce sport qui est ouvert Ă tous ! L’objectif des jeunes est souvent de devenir joueur professionnel de football, mais il y a des Ă©checs… et il n’y a pas que le football Ă 11 contre 11 sur herbe. Les nouvelles pratiques comme le Futsal oĂą le Beach Soccer peuvent ĂŞtre des alternatives intĂ©ressantes !